Retour au blog

    Permis pour créer une entreprise en Suisse

    Mis à jour le

    Distinguez création, travail et installation en Suisse, puis identifiez le permis à examiner, les preuves à réunir et l’autorité à consulter.

    Écrit par Lorik Murisier

    Un entrepreneur et un conseiller comparent des documents vierges lors d’une consultation sur une autorisation personnelle.

    En bref : Créer ou détenir une Sàrl ou une SA suisse ne suffit pas, à lui seul, pour déterminer votre permis personnel. L’autorisation à examiner dépend de votre nationalité, de votre domicile, du lieu où vous travaillez réellement et de votre éventuelle installation en Suisse.

    Vous habitez en France, vous préparez une société suisse et vous vous demandez si le permis doit précéder les statuts. La réponse exige de séparer trois démarches : constituer ou détenir la société, exercer personnellement une activité lucrative en Suisse et transférer votre domicile en Suisse.

    Votre forme juridique ne permet jamais, à elle seule, de conclure sur votre droit personnel de travailler ou de séjourner en Suisse.

    Faut-il un permis pour créer une entreprise en Suisse ?

    La seule détention de parts sociales d’une Sàrl ou d’actions d’une SA ne décrit ni un lieu de travail ni un séjour personnel. En revanche, dès que vous travaillez effectivement en Suisse, vous devez qualifier l’activité et vérifier la formalité applicable avant de commencer.

    Votre rôle concret compte davantage que l’étiquette de « fondateur ». Vous pouvez être associé ou actionnaire, membre d’un organe, salarié de votre société ou indépendant. Plusieurs qualités peuvent se cumuler, tandis que votre travail quotidien reste accompli en France, en Suisse ou dans les deux pays.

    Si vous exercez en nom propre tout en restant domicilié en France, suivez le parcours de l’indépendant frontalier en Suisse.

    Pour les formalités de constitution, consultez le parcours complet pour créer une société suisse depuis la France. Le présent guide se concentre sur votre autorisation personnelle.

    Création d’entreprise en Suisse : quels critères changent le permis ?

    Commencez par écrire cinq faits sur une seule page : votre nationalité, votre domicile actuel, le lieu réel de chaque activité, la forme de la société et votre rôle quotidien. Cette carte évite de demander un permis sur la seule base d’un titre prévu dans les statuts.

    Situation à qualifier Autorisation à examiner Autorité à consulter Preuve principale Validation nécessaire
    Vous restez en France et travaillez réellement en Suisse Régime frontalier ou procédure applicable Autorité cantonale du lieu d’activité Activité, lieu de travail et retours au domicile Avant le début de l’activité
    Vous vous installez en Suisse pour travailler Autorisation de séjour liée à l’activité Autorité cantonale du domicile prévu Identité et réalité de l’activité Avant de commencer selon la procédure applicable
    Vous détenez seulement une participation Aucun permis à déduire de la seule détention Autorité cantonale en cas d’autre activité Rôle réel et absence ou présence de travail Si la situation dépasse la détention
    Vous êtes ressortissant d’un État tiers Régime d’admission des États tiers Autorité cantonale compétente, avec intervention fédérale selon le dossier Projet économique et pièces demandées Avant toute activité
    Un triptyque distingue détenir une société, travailler en Suisse et s’y installer, puis liste cinq faits et l’autorité cantonale.
    Ce triptyque sépare la création, le travail et l’installation avant la qualification de l’autorisation ; vous pouvez Ouvrir l’infographie en plein format.

    L’activité réellement accomplie et son lieu doivent être documentés avant de choisir une autorisation. Un contrat, un agenda de présence, la description des prestations et les pouvoirs de décision rendent cette qualification plus concrète.

    Prenez un projet courant : vous habitez à Lyon, la société aura son siège en Suisse, vos rendez-vous commerciaux se dérouleront des deux côtés de la frontière et vous prévoyez une journée hebdomadaire dans un bureau suisse. La mention du siège ne répond pas à la question du permis. Votre fiche doit préciser qui livre la prestation, où se trouve le bureau, quelles décisions vous prenez pendant cette journée et comment s’organisent vos retours au domicile. Vous pourrez alors présenter des faits cohérents à l’autorité, plutôt qu’un organigramme qui ne décrit pas le travail.

    Refaites cette carte dès que le projet change. L’embauche par votre propre société, l’ouverture d’un local ou le transfert de votre domicile modifient les faits à examiner, même si la forme juridique reste identique.

    Quel permis examiner si vous restez domicilié en France ?

    Pour un ressortissant français qui conserve son domicile principal en France et travaille en Suisse, le permis G UE/AELE constitue le régime frontalier à examiner. Le SEM vise les salariés et les indépendants qui travaillent en Suisse tout en retournant à leur domicile principal à l’étranger, en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine.

    Un indépendant frontalier doit établir que son entreprise se situe en Suisse et que l’activité y est effectivement exercée. Une société inscrite en Suisse ne prouve donc pas, isolément, où vous travaillez.

    Utilisez le test d’orientation consacré au permis G pour classer votre situation, puis confirmez-la auprès du canton concerné. Si vous réalisez toutes les prestations et prenez toutes les décisions depuis la France, décrivez précisément ces faits au lieu de vous présenter automatiquement comme frontalier.

    Quel titre examiner si vous vous installez en Suisse ?

    Si vous transférez votre domicile en Suisse pour y exercer une activité indépendante, la logique n’est plus celle du frontalier. Le SEM demande aux citoyens UE/AELE de s’annoncer auprès de leur commune et de présenter des documents prouvant une activité indépendante réelle, susceptible de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. L’activité ne peut pas commencer avant le dépôt des documents requis auprès des autorités cantonales.

    Ne promettez donc pas un permis B ou L à partir d’un business plan. Présentez le projet, le financement, les contrats attendus et l’organisation réelle au service cantonal compétent, qui apprécie le dossier.

    Quelles règles concernent les ressortissants d’États tiers ?

    Un titre de séjour délivré par la France ne place pas automatiquement un ressortissant d’État tiers sous le régime UE/AELE pour travailler en Suisse. Le SEM indique que ces personnes restent soumises aux conditions d’admission applicables aux États tiers.

    Pour une activité indépendante, l’autorité examine notamment l’incidence économique durable du projet et demande un dossier permettant d’évaluer l’exploitation. La décision relève des autorités compétentes et aucune autorisation ne peut être présentée comme acquise.

    Permis personnel et directeur résident : quelle différence ?

    Le permis répond à votre droit personnel de séjourner ou de travailler. La représentation résidente répond à l’organisation de la société : une Sàrl doit pouvoir être représentée par au moins un gérant ou directeur domicilié en Suisse, tandis qu’une SA doit pouvoir l’être par un membre du conseil d’administration ou un directeur domicilié en Suisse.

    Approfondissez séparément le gérant résident d’une Sàrl et l’administrateur résident d’une SA. Exonia propose aussi une prestation de directeur résident suisse, avec un mandat réel qui ne remplace pas votre éventuelle autorisation personnelle.

    Un directeur résident ne vous prête jamais son droit de travailler et ne doit pas servir de représentation de façade.

    Quelles pièces préparer avant la demande d’autorisation ?

    Préparez une checklist conditionnelle, puis demandez au canton de confirmer les pièces exigées et le canal de dépôt. Les exigences dépendent de votre nationalité, de votre activité et du canton compétent.

    • Pour votre permis personnel : pièce d’identité, preuve du domicile, description du lieu et du rythme de travail.
    • Pour une activité indépendante : business plan, prévisions, financement, contrats ou mandats et justificatifs d’une activité réelle.
    • Pour la société : statuts ou projet de statuts, siège, extrait disponible et pouvoirs envisagés.
    • Pour une profession réglementée : diplôme, reconnaissance éventuelle et décision de l’autorité sectorielle compétente.

    Classez les pièces dans trois dossiers portant des noms explicites : « personne », « société » et « activité réglementée ». Dans le premier, placez uniquement les justificatifs liés à votre résidence et à votre travail. Dans le deuxième, réunissez les documents de constitution et les pouvoirs. Le troisième reste vide lorsque votre activité ne relève d’aucune réglementation sectorielle, après confirmation auprès de l’autorité compétente. Cette séparation facilite les échanges lorsqu’un service cantonal demande une pièce complémentaire et évite de présenter un document commercial comme une preuve suffisante du droit de travailler.

    Cinq dossiers séparent permis personnel, société, représentation résidente, profession réglementée et contrôles côté France.
    Cette carte répartit les pièces entre cinq qualifications qui ne se remplacent pas ; vous pouvez Ouvrir l’infographie en plein format.

    Un permis de séjour ou de travail ne remplace pas l’autorisation requise pour une profession réglementée. Certaines professions imposent des qualifications spécifiques et une reconnaissance avant leur exercice.

    Côté France : que vérifier si vous travaillez depuis la France ?

    Cette section relève du droit français, de la convention fiscale franco-suisse et des règles de coordination sociale. Elle ne décrit pas les conditions suisses d’un permis.

    Si les affaires de la société sont réellement dirigées et contrôlées depuis la France, le siège de direction effective doit être analysé. Une installation fixe d’affaires en France, ou un agent qui y exerce habituellement le pouvoir de conclure des contrats, peut également soulever la question d’un établissement stable.

    Une activité exercée de manière prévisible dans plusieurs pays exige aussi de déterminer le régime de sécurité sociale applicable. Pour une personne résidant en France, l’Urssaf indique que son service Mobilité internationale instruit notamment la pluriactivité avec la Suisse et peut délivrer le certificat A1.

    Enfin, le formulaire français 3916 vise notamment le résident bénéficiaire d’une procuration sur un compte étranger détenu par une personne morale.

    Un permis suisse ne décide ni de la résidence fiscale de la société, ni de l’établissement stable, ni du régime social applicable.

    Pour préparer cette discussion, utilisez le simulateur fiscal sans le traiter comme une qualification juridique de votre dossier.

    Dans quel ordre sécuriser votre création et votre permis ?

    1. Cartographiez les lieux de résidence, de travail, de décision et de signature.
    2. Qualifiez votre rôle réel, au-delà du titre envisagé dans la société.
    3. Identifiez le régime à examiner selon votre nationalité et votre projet d’installation.
    4. Interrogez l’autorité cantonale avant de commencer l’activité concernée.
    5. Réunissez les preuves personnelles, professionnelles et sociétaires demandées.
    6. Organisez séparément le siège, la domiciliation et la représentation en Suisse.
    7. Constituez la société, puis confirmez les autorisations sectorielles avant l’exploitation.

    Questions fréquentes

    Un Français peut-il créer une Sàrl en Suisse sans y habiter ?

    La résidence en France n’interdit pas, à elle seule, de détenir ou constituer une Sàrl, mais la société doit respecter sa règle de représentation en Suisse et votre activité personnelle doit être qualifiée séparément.

    Le permis G suffit-il pour diriger une société suisse ?

    Le permis G traite une situation frontalière personnelle, sans remplacer les règles de représentation, de gouvernance, de fiscalité ou d’autorisation professionnelle.

    Faut-il un permis avant l’inscription au registre du commerce ?

    Aucune réponse universelle ne découle de l’inscription seule : l’autorité doit distinguer constitution et début de votre activité personnelle.

    Un directeur résident remplace-t-il un permis de travail ?

    Non, car la représentation de la société et votre droit personnel de travailler répondent à deux règles différentes.

    Les règles sont-elles identiques hors UE/AELE ?

    Non, le SEM applique un régime d’admission distinct aux ressortissants d’États tiers, avec un examen qui ne doit pas être confondu avec la libre circulation UE/AELE.

    Exonia accompagne la création de Sàrl ou de SA en Suisse, peut fournir l’adresse du siège et propose un directeur résident. Pour situer cet accompagnement dans votre projet, vous pouvez consulter les tarifs en vigueur, sans présumer de la décision des autorités.

    Lorik Murisier, cofondateur d’Exonia
    Lorik Murisier

    Cofondateur d'Exonia

    LinkedIn